Musique d’Afrique

, par Karine Marchal

Musique d’Afrique de l’ouest : La Guinée

I. La Kora :

La kora est une harpe africaine de la famille des « harpes à chevalet » ou harpe¬luth. C’est l’instrument à cordes africain le plus élaboré. La musique et la construction de cet instrument sont uniques au monde. La kora est pratiquée dans l’ensemble des cultures mandingues.

Cet instrument est joué par :

    • les mandingues « de l’Ouest » en Gambie Sénégal et Guinée Bissau ;
    • les Malinkés en Guinée ;
    • les Bambaras au Mali ;
    • les Dioulas en Côte d’ivoire.

Cependant, c’est en Gambie et en Casamance (Sud du Sénégal) que son rôle dans la vie sociale est particulièrement important.

La kora est issue d’une tradition vieille de plusieurs siècles et était jouée dans les cours des rois où les griots et les musiciens faisaient partie du personnel.

La kora est constituée d’une grosse caisse de résonance hémisphérique, d’un long manche et de deux plans de 10 et 11 cordes situées de chaque côté d’un chevalet qui est perpendiculaire à une peau de biche ou de bœuf qui sert de table de résonance.

Le style de jeu ressemble à celui de la guitare. Le placement des cordes permet de jouer la polyrythmie (plusieurs rythmes en même temps), l’harmonie (plusieurs notes en même temps) et des solos rapides avec 4 doigts ¬ le pouce et l’index des deux mains.

II. Le Pays :

La Guinée est une république avec comme chef d’état un président, élu par le peuple pour un mandat de cinq ans. La langue officielle est le français, et la capitale est Conakry.

III. La Société Malinka :

Les Malinke habitent principalement la région Est de la Guinée. Les Bambara, les Dioula, et les Malinké sont regroupés sous le terme « population mandingue ».

La société Malinka est composée de clans, chacun faisant partie de l’une des 3 castes existantes. Les namakala sont une de ces castes. Ils sont des médiateurs entre la noblesse et le peuple. C’est à cette catégorie qu’appartiennent les griots.

Les griots sont les musiciens de cette société. Ils sont avant tout des orateurs, transmettant leur savoir. Ils perpétuent l’histoire du peuple mandingue à travers leurs chants. Le griot chante les louanges de la famille noble à laquelle il est attaché. Il est garant d’une mémoire ancestrale.

IV. Le Balafon :

Le Bala ou la Balafon est un xylophone sur cadre composé de lames de bois dur. Sous chaque lame est fixée une calebasse plus ou moins grande. Une petite pour une lame aiguë, une grosse pour une lame grave.

Chaque lame est accordée : on amincit les deux extrémités de la lame pour obtenir un son plus aigu, on taille le milieu pour obtenir un son plus grave.

Le musiciens joue avec deux baguettes entourées de caoutchouc aux extrémités et porte souvent des bracelets de grelots en fer aux poignets.

Les calebasses, de tailles croissantes également, sont percées d’un ou plusieurs trous recouverts traditionnellement d’une toile d’araignée ou plus couramment d’un petit film plastique ou de papier à cigarettes. Le nombre de lattes du balafon varie en fonction de la région où il est joué, et de l’accord qu’on veut lui donner. Il est généralement accordé en pentatonique (une gamme de 5 notes) mais il peut l’être aussi bien en diatonique (une gamme de 7 notes).

En Afrique de l’Ouest, plus particulièrement au pays Mandingue d’où il est originaire, le balafon est joué par des griots.

V. Le Djembé :

Le djembé accompagne le chant et la danse. Il rythme les événements du village (naissance, mariage, guerre, travaux des champs). Il ne se joue pas seul car il fait partie d’un ensemble rythmique. Il peut être accompagné de cloches ou d’un dundun.

Le dundun est un tambour cylindrique à deux peaux. Sa caisse de résonance est en bois. Le musicien produit le son au moyen d’une baguette en bois.

Le djembé est recouvert d’une peau de chèvre fixée entre deux cordes placées à la base du mortier (forme cylindrique). Le musicien peut obtenir 3 sons principaux en frappant de façon différente sur la peau. Comme pour la kora, on peut aussi fixer au bord de la peau des bruiteurs en tôle pour faire des sons plus métalliques.

Appel du djembé :

Réponses diverses

Le rythme que nous avons entendu se déclenche et se termine par un appel (du djembé). Il permet aux musiciens de se préparer et de terminer ensemble. Ce rythme, appelé « sofa », était joué pour encourager les hommes au combat.

Tous les instruments jouent en boucle un cycle rythmique. Contrairement à la musique européenne, les temps forts sont souvent évités. Toutes les voix rythmiques sont composées de frappes diverses, ce qui implique une richesse de timbre. C’est un élément essentiel de la polyrythmie malinké.

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VI. Prolongements

  • Ecoutes proposées :
    • Extraits de Terre de musique aux éditions Fuzeau :
    • M’Bady et Kouyaté (pour la kora)
    • Toumani Diabaté (pour le balafon)
  • Vidéo :
    • Musique de Guinée, De la côte et du Fouta Djalon, de la forêt et de la haute forêt Guinée de Yves Billon, Robert Minangoy

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