Musique en Asie : Le pipa et le guzheng

, par Karine Marchal

 Le luth chinois : Pipa

I. L’œuvre

  • 1re audition : neige décorant les feuilles persistantes.
  • 2e audition : neige blanche et printemps ensoleillé.

Ces œuvres, aux noms évocateurs, sont jouées par une grande virtuose de la musique asiatique : Liu Fang.
L’instrument dont elle joue s’appelle le pipa. C’est un instrument de la famille des luths.

II. Le système musical

L’échelle chinoise est composée de cinq sons : gong – shang – jiao – zhi – yu.

Dans la musique traditionnelle chinoise, cette gamme est appelée gamme pentatonique car elle ne comporte que 5 notes.
La conception de cette musique est très mélodique, le rythme n’est pas très important. Les ornements sont nombreux pour enrichir la mélodie.

III. Repère culturel

L’apparition de la musique chinoise remonte à la nuit des temps. Elle modère les passions. Elle s’associe à la poésie afin d’exprimer des sentiments humains, d’apaiser les tourments et d’élever l’esprit.
Les compositions portent toujours des titres évocateurs. Ces pièces ne sont pas forcément descriptives mais elles nous rappellent que la première source d’inspiration de la musique chinoise est poétique.
La musique est associée à l’ordre du monde. Elle doit harmoniser et mettre en correspondance le céleste et le terrestre. C’est le principe d’équilibre du yin et du yang.

IV. Complément

Ce luth (instrument à cordes pincées) piriforme (en forme de poire) à 4 cordes, venu du monde persan en Chine vers le IIe siècle avant J.C après avoir transité par l’Asie Centrale sous des formes diverses, représente toujours un instrument emblématique de la musique chinoise.
Le pipa a intégré les orchestres de musique de cour et s’est adapté à toutes sortes de techniques. Son manche court et courbé compte 30 frettes qui couvrent une partie de la caisse et offre ainsi une grande étendue.
Depuis la dynastie des Tang (618-907), le pipa a gardé sa popularité en tant qu’instrument soliste et de musique d’ensemble. La technique de jeu du pipa est caractérisée par une grande dextérité permettant des effets virtuoses à caractère descriptif.
Le musicien tient l’instrument à la verticale et attaque la corde de la main droite avec le pouce et l’index joints. Le jeu de la main droite se fait avec des ongles ou des onglets. Le roulement des doigts est comparable a celui de la guitare.


V. Morceau de flûte

De Shanghai à Hanoi

Cette composition, basée sur l’espace et la fluidité nous invite au voyage : en chine (Shanghai) mais aussi au Vietnam (Hanoi), grâce à la 2ème partie qui s’inspire d’un air traditionnel.
Les instruments qui jouent dans ce morceau sont la flûte dizi et la cithare zheng.

VI. Chants

  • Sakura
    La floraison des cerisiers est la période la plus appréciée de bien des japonais. La fleur de cerisier se dit « sakura ».
  • Allongé sur mon Sampan de Pow Wow

 La cithare chinoise : guzheng

I. L’œuvre

  • 1ère audition : chant de la Guzheng de Tiema composé par Zhao Denshan.
  • 2ème audition : humeur heureuse de pêcheurs rentrant à la maison après le travail d’un jour

II : L’instrumentiste

La musicienne Liu Fang, virtuose du luth pipa et de la cithare guzheng, est née à Kunming. C’est là que, dès l’âge de six ans, elle commence l’apprentissage du pipa et que, dès l’âge de neuf ans, elle donne son premier concert.
À onze ans, elle est choisie pour jouer devant la Reine Elisabeth, en visite en Chine.
Récompensée par de nombreux prix et distinctions nationales, elle sort du Conservatoire de Shanghai en 1993 et choisit de s’installer au Canada où elle débute une impressionnante carrière internationale, donnant des concerts dans le monde entier et se produisant fréquemment à la télévision et à la radio.

III. Complément

La zheng, également nommé guzheng, est un instrument traditionnel à cordes pincées de la famille des cithares sur table qui comprend également le koto japonais, le dan-tranh vietnamien, le kayagum coréen et le qin de la chine ancienne.
Il comporte 21 cordes placées sur 21 ponts amovibles utilisés pour accorder l’instrument. Alors que la main droite pince les cordes avec un plectre, la main gauche touche les cordes afin de produire non seulement la hauteur voulue, mais aussi une multitude de timbres. À l’origine, le zheng jouait au sein d’ensembles de musique de cour.
Depuis le XIXe siècle, il est devenu un instrument soliste, son répertoire s’est étendu et sa technique est devenue plus complexe.

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