Musique en Grèce

, par Karine Marchal

La musique grecque est très diversifiée. Si l’antiquité a donné naissance aux premiers rythmes et premières gammes, la musique grecque s’est aussi enrichie par les différentes influences qu’a joué l’Asie mineure sur la Grèce.
À la fin de l’antiquité, la musique devient religieuse (pendant l’époque byzantine) puis durant l’ère ottomane, peu de créations sont produites. La musique renaît au 19ème siècle avec des opéras et grâce à la musique populaire.

I. Les mythes

  • Orphée avec sa lyre chantante entraînait les arbres et les bêtes sauvages. Il est le musicien le plus célèbre de la mythologie grecque.
    Il incarne le pouvoir de séduction et c’est grâce à cela qu’il descendit aux enfers pour sauver son épouse Eurydice. Emu par sa musique, Pluton lui accorde la grâce qu’il demande, à condition qu’il ne se retourne pas un instant sur le chemin du retour. Impatient de voir à nouveau le visage de son épouse, Orphée faillit à sa promesse et regarda Eurydice avant d’avoir franchi les limites de l’au-delà. Elle fut ainsi perdue à jamais.
  • Pan est le protecteur des bergers et des musiciens, il préside les danses des nymphes en jouant de la syrinx.
  • Apollon, dieu de la divination, de la musique et de la poésie, protecteur des muses est en même temps un guerrier. Il égaie les festins des Olympiens avec les mélodies de sa lyre. Créateur du rythme et de l’harmonie, il accompagne le chant des muses.
  • Terpsichore était la muse de la danse. Son nom signifie « qui aime la danse ». Vive, elle est représentée tenant une harpe au son de laquelle elle dirige en cadence tous les pas.

II. La musique folklorique

  • La cathanda est une musique qui apparaît au 19ème siècle. Romantique et douce, elle est généralement interprétée par 3 voix masculines et ressemble aux sérénades. Très vite, elle est accompagnée par une guitare ou une mandoline. A Athènes par un violon, une clarinette et un luth.
  • La nissiotika est née dans les îles grecques. Le violon, la lyre, la clarinette et la guitare sont les principaux instruments de cette danse. Elle est chantée par des voix féminines.
  • Le rébétiko est le blues grec. Ces chansons sont apparues vers la fin du 19e siècle. Cette musique est d’abord jouée dans les cafés musicaux. Les premières chansons évoquent la drogue ou la prison. Dans les années 20, les thèmes sont plus variés, et parlent de la pauvreté, de la faim, crainte, douleur.
    Peu à peu, le nouveau rébétiko cesse d’être associé à ces thèmes, et sera chanté par un seul chanteur à la voix rude.
    Les principaux instruments sont le bouzouki et le banghlamas (miniature du bouzouki avec un son très aigu) ainsi que le violon.

III. Les instruments

  • La lyre

La Leçon de lyre. Apollon enseigne l’usage de la lyre à 7 cordes à son fils. Orphée surpasse vite son père et ajoute deux cordes supplémentaires à sa lyre, atteignant ainsi le chiffre 9 correspondant au nombre des Muses... D’après une céramique grecque de 480 av. J.C., Antikenmuseum Berlin.

La lyre est un instrument à cordes frottées, et comme le violon, on en joue à l’aide d’un archet. La grande différence et la « difficulté » se situent au niveau du doigté. Pour produire les notes, il ne faut pas pincer la corde comme sur un violon, mais appuyer celle-ci par le côté à l’aide des ongles.
L’arrière de la lyre est composé d’un seul morceau, le plus souvent du bois de mûrier foncé vieux de plus de 20 ans.
Les plus adroits sculpteront une colombe ou un aigle sur le fond, en signe de liberté.
La lyre s’accorde en La, Ré, Sol de la plus aiguë à la plus grave des cordes.

  • Le bouzouki

Le bouzouki est un instrument à trois ou quatre cordes représentatif de la musique grecque.
Il est un dérivé du luth arabe d’origine médiéval et possède 4 cordes doublées. Le bouzouki a été présenté pour la première fois vers la fin des années 30 quand il a remplacé le violon, l’outi et d’autres instruments, qui étaient utilisés pour les chansons de Rébétiko.
La quatrième corde a rendu le bouzouki plus complet, capable de produire presque n’importe quel genre de musique.

Le saz, ancêtre du bouzouki est introduit en Grèce par les Turcs durant le 19ème siècle. Le saz fut développé par les Grecs pour devenir le bouzouki actuel.

  • Le laouto, le luth

Le luth trouve ses origines en Afrique d’où il a été importé puis modifié pour pouvoir être intégré à la musique crétoise.
C’est un instrument à cordes pincées comme le luth oriental, mais ses cordes sont métalliques et le médiator (onglet) est plus rigide. La plaque noire qui est placée sous les cordes a deux fonctions : la première étant de protéger la table d’harmonie, la seconde est de jouer le rôle d’une percussion qui résonne sous l’effet du médiator et donne alors un rythme entraînant.
C’est un instrument de quatre doubles-cordes, qui ressemble à un grand bouzouki. Il est joué en utilisant une plume ou un plectre. Principalement il est employé pour accompagner d’autres instruments, mais il peut également être employé comme instrument solo.

IV. L’hymne national grec

L’hymne à la liberté, poème de 158 strophes, a été écrit par Dionysos Solomon en 1823 pendant la période de la lutte des Grecs contre les Turcs et pour la libération de la Grèce.
Il s’adresse en premier lieu aux révolutionnaires grecs pour leur remonter le moral mais aussi pour prouver le caractère national du combat grec. Les premières strophes ont été mises en musique par Nikolaos Mantzaros en 1828.

Mantzaros est né en 1795 et étudie le violon et le piano. Il fera ses études musicales au conservatoire de Naples. Il refusa quelques postes en Italie, certain de vouloir fonder une nouvelle école de musique grecque. Les poètes sont sensibles à son charisme et une amitié naîtra entre lui et Solomon dans les années 20. Vers la fin de l’année 1828, Mantzaros débute la mise en musique des premières strophes de l’Hymne à la Liberté, il achèvera son œuvre en 1830. L’hymne est écrit pour une chorale à 4 voix et un piano. Finalement, le compositeur en fera une seconde version, qu’il présente à Solomon en 1844. Le roi Othon remerciera Mantzaros en le faisant chevalier de l’ordre royal, témoignage de son estime. Le roi fera traduire l’Hymne pour qu’il soit officiel, et joué à l’occasion de diverses manifestations.

V. Grands noms de la musique grecque

  • Manolis Kalomiris : compositeur de musique classique, s’inspire des traditions folkloriques. Fondateur du conservatoire de Grèce.
  • Maria Callas : née à New York, de parents grecs, surnommée la Diva, une des plus célèbre soprano d’opéra.
  • Yannis Xénakis : membre actif de la résistance contre l’Allemagne, a du quitter la Grèce. Installé à Paris, il travaille sur des créations acoustiques, électroacoustiques et multimédia.
  • Manos Haddjidakis : grand compositeur. Réussit à populariser le rébétiko, et a en faire un genre musical authentique. Écrit beaucoup de musique pour des pièces, films, ballets.

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VI. Prolongements

  • Vidéo
    • Grèce une terre de soleil

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