Le monde arabe

, par Karine Marchal

Le monde arabe s’étend sur un immense territoire :

  • Péninsule arabique :
    • l’Arabie saoudite
    • Bahreïn
    • les Émirats arabes unis
    • Oman
    • le Qatar
    • le Yémen
  • Moyen-Orient :
    • l’Iraq
    • la Jordanie
    • le Koweït
    • le Liban
    • la Palestine
    • la Syrie
  • Afrique du Nord :
    • l’Algérie
    • l’Égypte
    • les Comores
    • Djibouti
    • la Libye
    • le Maroc et le Sahara occidental
    • la Mauritanie
    • la Tunisie
    • la Somalie
    • le Soudan

La religion dominante est l’Islam.
La langue officielle est l’arabe.

Les musiques arabes se caractérisent par une dominance du vocal sur l’instrumental, due à la place importante de la poésie dans cette culture. Elles ont la particularité de se transmettre oralement.

Les circonstances de jeu sont diverses. La musique rythme les étapes de la vie (naissances, mariages…), les fêtes religieuses ou nationales… Elle occupe une place importante pendant les festivités liées aux activités agricoles (récoltes, moissons…).

I. Musique et culture

Dans la culture arabe, on distingue les musiques savantes des musiques populaires. Les musiques savantes se caractérisent par une théorie explicite et un héritage poétique important. Elles sont associées à des textes littéraires, historiques et philosophiques d’une importance majeure.

Outre les chants religieux de l’Islam, elle comprend également les chants liturgiques des églises orientales (syriaque, maronite, grecque, copte), la musique kurde, le répertoire de musique juive (orientale et maghrébine) et les musique berbères du Maghreb.

Les influences extérieures ont joué un rôle déterminant dans cette musique. Le Proche-Orient et le Maghreb ont été la scène de rencontres multiples et d’échange entre plusieurs civilisations. Les traditions arabo-andalouses maghrébines sont un exemple éloquent de métissage entre Orient et Occident.

Bendir (tambour sur cadre)

II.Les Soufis

La musique et le chant sont fondamentaux dans le soufisme. Il s’agit d’incantations : les soufis répètent en boucles des litanies d’Allah en rythmant avec les percussions, la ghaita (hautbois) et la lira (flûte en roseau), ce qui les amène à une transe. La musique et la danse sont des moyens pour parvenir à une communication avec Dieu.

  • Les Aissaouas
    Cette confrérie fût crée au XVIème siècle par Sidi Mohammed Ben Aissa. Cette confrérie se rattache au soufisme. L’une de ses pratiques collective est la hadra. Cette danse se compose de 3 parties, dont la transe constitue le moment le plus fort de la soirée.
Procession Gnawa à Marrakech (instruments : les crotales et le tbel)
  • Les Gnawas
    Ils sont originaires de l’Afrique noire. Ils sont arrivés au Maroc en tant qu’esclaves puis se sont métissés à la population locale. La lila est la plus grande de leur cérémonie. Elle se décompose en 3 parties (La’ada – Kûyû – M’louk).
    Cette procession a aussi une fonction thérapeutique : guérir par la transe, en rétablissant « l’harmonie des sept couleurs ».
    Les instruments utilisés sont le guembri (luth à 3 cordes), les qraqeb (ou crotales, percussion métallique en forme de 8) et le tbel (tambour).
Qraqeb (percussions)

III. La musique berbère

Les berbères sont les premiers habitants de l’Atlas (dorsale montagneuse qui sépare la Méditerranée du Sahara et s’étend du sud-ouest du Maroc jusqu’en Tunisie).
Installés au néolithique, ils furent islamisés au VIIème siècle. Les berbères (Touaregs, Kabyles, Chaouias, Chleuhs) possèdent une très grande tradition poétique, déclinée en langue amarzigh.
La musique berbère est rurale, par opposition à la musique arabo-andalouse qui est citadine.

Les chants liés au cycle agricole sont d’inspiration religieuse. On chante pour écarter les dangers auprès d’une graine (par exemple l’orge) car on considère qu’elle a une âme.

Un poète et chanteur itinérant (Rawyes) qui rythme la vie des villages (par exemple pour les mariages) chante la rhétorique berbère, accompagné de la viole rabab, du luth et parfois de percussions.

Luth (Oud) Rabab (violon marocain)

IV. Le melhoun

Les poèmes chantés du Melhoun sont produits dans un milieu populaire masculin. C’est la forme la plus élaborée de versification (en dialecte marocain). Le melhoun privilégie le texte à la musique. L’idée de prouesse n’est pas exclue. Le soliste est prépondérant dans cet orchestre et on lui exige de connaître un répertoire large de poèmes.

L’une des grandes voix était Hadj Houcine Toulali (1924-1998)

V. La musique arabo-andalouse

Au Maroc, la musique andalouse est qualifiée de musique savante. Elle s’est forgée tout au long des siècles. Il existe 24 modes andalous mais seules 12 noubas sont complètes.
La nouba possède des structures préétablies. Il s’agit d’une suite musicale basée sur des poèmes correspondant à des heures du jour, à des sentiments. Il faut au moins 10 ans pour les apprendre au conservatoire. Le oud est l’instrument roi du classicisme arabe.
En Tunisie, le répertoire est appelé malouf. 14 noubas sont chantées en arabe classique.
La nouba marocaine est une suite de chants d’un même mode principal. Le groupe exécutant la nouba comporte 12 musiciens (instrumentistes et chanteurs), la voix étant l’élément dominant.

Oud instrument conducteur
Rabab rôle de violoncelle
Tar rôle rythmique
Derbouka complète les rythmes
Violon (Kamenja) introduit au 18èmes

La nouba est l’architecture obligée de la suite arabo-andalouse : alternance du rythmé et du non rythmé, alternance du vocal et de l’instrumental.

VI. Le chaâbi

Création d’un genre populaire au début du XXème siècle. Cheik Nador (1874-1926) fait descendre l’arabo-andalou dans les rues. Il chasse les instruments de la hiérarchie classique. Le chaâbi invente le mandole et introduit le banjo.
Les textes se nourrissent de poésie ancienne mais aussi de textes actuels (proverbes, dictons). Ce style est associé à la fête. L’utilisation de la langue populaire et la création de nouveaux rythmes comme les tempos kabyles le délivrent du passé et traduisent la montée en puissance du nationalisme.
Les instruments traditionnels sont la derbouka, le tar et le qanun.

mandole derbouka tbal
Détail de guembri (instrument à 3 cordes) Qanun (cithare)

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VII. Prolongements

  • Ecoutes proposées
    • Abdelkrim Raïs Musique andalouse de Fes (pour la musique arabo andalouse)
    • Nass El Ghiwane Chants Gnawa du Maroc
    • Gerard Kremer Musique berbère
    • Reinette l’Oranaise (musique plus actuelle)
    • Raï avec Faudel ou khaled (les Cheb)
  • Vidéos :
    • Voix du maroc
    • Au Festival de Fes des musiques sacrées

Pour plus de renseignements, voir l’article suivant

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