Le taqsim

, par Benjamin Michel

Le terme de Taqsim (pluriel Taqasim) désigne littéralement à la fois la fragmentation et la répartition. En fait, c’est un genre de prélude joué par un soliste sur n’importe quel instrument de musique arabe (mais aussi turque, grecque et persane). A tour de rôle, les instruments de l’orchestre, et particulièrement le oud, interviennent au cours d’une suite musicale pour donner le mode de la suite. Les musiciens improvisent librement selon leur imagination et leur inspiration. Cette fantaisie musicale est le plus souvent non mesurée et sans aucune forme précise.

Le taqsim est un enchaînement de tournures modales transposées tour à tour. Avant de présenter le mode principal (maqam) sur lequel sont basées les musiques qui suivent, l’interprète donne d’abord à entendre tous les modes apparentés. C’est ainsi que la mélodie du taqsim exploite les limites et les processus du mode choisi. Les chanteurs peuvent ainsi s’imprégner des aspects mélodiques modaux.

Comme tout impromptu instrumental, ce genre est aussi l’occasion d’éprouver les possibilités de l’instrument. Profitant de cet exercice plus ou moins virtuose pour s’accorder et s’échauffer, l’improvisateur met de côtés quelques idées mélodiques embryonnaires pour plus tard.

Malgré son aspect fragmentaire, le taqsim est riche en procédés musicaux facilement repérables et donc, l’occasion de réviser quelques notions avec les élèves. En voici quelques exemples : alternances de phrases musicales et de silences, aspect méditatif concentré sur la résonance et l’anticipation, marches mélodiques, suites de notes conjointes (ascendantes/descendantes), répétitions de tournures mélodico-rythmiques, alternances statique/dynamique, dense/aéré, doux/fort, notes polaires, jeux de timbres, etc.

Pour plus de renseignements sur la musique arabe, voir l’article suivant

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