Techniques d’enregistrement 1/3 : Le matériel

, par Valentin Leroux

Ce tutoriel a pour but de donner quelques bases concernant l’équipement à installer et les logiciels à utiliser pour enregistrer en classe dans de bonnes conditions.

CHOIX DES MICROS

Tour d’horizon...

Il existe de très nombreux types de micros, que l’on peut pour la plupart regrouper sous deux catégories : dynamiques et statiques.

Les premiers sont des micros dont la sensibilité est assez faible, ce qui leur permet d’être aisément utilisés sur scène (en évitant des problèmes tels que le larsen ou les bruits de manipulation). Ils ne nécessitent pas d’alimentation externe et permettent d’enregistrer des sources sonores fortes (chanteurs solistes, cuivres, percussions etc.) Ils sont en revanche inadaptés pour des prises de son générales (chœur, ensemble instrumental...).


Micros dynamiques pour le chant (Shure SM58) et pour les instruments (SM-57)

Les micros statiques sont quant à eux beaucoup plus sensibles (attention aux bruits parasites), car ils sont alimentés soit par une pile, soit le plus souvent directement par le câble qui les relie à la console ou à la carte son d’un ordinateur. Cette alimentation qu’on appelle « phantom » fonctionne en 48V, et ne peut être transmise que par un câble XLR ou une pile. Ces micros sont prévus pour l’enregistrement de sources sonores complexes et leur qualité sonore permet de capter de nombreux détails. Ils sont les plus adaptés pour l’enregistrement d’une classe entière.


Micros statiques polyvalent et de type « canon » (directivité ultracardioïde)


Connexions de type XLR

Type de microDynamiqueStatique
Avantages  
- Facilement utilisables sur scène ou dans un environnement bruyant
- Peu onéreux
- Ne nécessitent pas d’alimentation (et peuvent éventuellement être utilisés avec une connectique « Jack » standard)
- Très robustes
- Supportent des pressions acoustiques élevées
 
- Très bonne restitution sonore.
- Permettent d’enregistrer une classe entière
Inconvénients  
- Inutilisables pour l’enregistrement d’une chorale, d’ambiances etc.
- Restitution pouvant manquer de fidélité.
 
- Doivent être alimentés pour fonctionner
- Plus onéreux que les micros dynamiques
- Très fragiles (attention aux chocs !)
- Très sensibles aux bruits de manipulation (doivent être posés ou suspendus) ainsi qu’à tous les bruits ambiants
- Doivent être assez éloignés des chanteurs solistes, à moins d’utiliser un filtre « anti-pop »
Références  
- Seinheiser E825 : 75 €
- Seinheiser E845 : 100 €
- Shure SM-57 (instruments) : 100 €
- Shure SM-58 (voix) : 100 €
- Audio Technica ATM 410 : 100 €
 
- M-Audio Nova : 75 €
- Superlux CMH8E : 90 €
- Audio Technica AT2020 : 100 €
- Behringer B2 Pro : 150 €

Évitant le problème de l’alimentation des micros statiques, certains constructeurs ont mis sur le marché du matériel pouvant être connecté ET alimenté directement via le port USB d’un ordinateur, sans passer par une carte son. C’est le cas par exemple du C01 de Samson (environ 80 €) ou de l’AT2020 USB d’Audio Technica (environ 150 €).
Ces micros ne peuvent en revanche pas être connectés sur du matériel « traditionnel ».

CHOIX D’UNE CARTE SON

Pour connecter un micro à un ordinateur, il faut avoir une carte son disposant des connexions nécessaires, le plus souvent des entrées XLR.


Connecteurs hybrides, acceptant la connexion de prises XLR et de prises Jack.

Même en utilisant des micros dynamiques ne nécessitant pas d’alimentation, utiliser les entrées intégrées d’un ordinateur est à éviter car les convertisseurs analogique → numérique (très bas de gamme) de la carte son d’origine vont provoquer une importante perte de qualité.

Aujourd’hui, la plupart des cartes sons prévues pour la musique sont externes, ce qui signifie qu’on n’a plus à ouvrir l’ordinateur pour procéder à leur installation, les connexions se faisant désormais en USB ou Firewire.

Quelques modèles adaptés à un usage en classe : Multimix 4 USB ( (90€) ou I/O2 de Alesis (130 €), Audiobox USB de Presonus (140 €), Fast Track Pro de M-Audio (150€).

Certaines cartes son comportent également une entrée MIDI, ce qui permet d’y raccorder directement un clavier numérique ou un synthétiseur.


Connectique midi

DIRECTIVITÉ ET PLACEMENT DES MICROS

S’il suffit de chanter « en face » d’un micro dynamique pour obtenirune bonne prise de son, le bon placement d’un micro statique est néanmoins indispensable à la qualité de l’enregistrement réalisé.
Sur ces micros, un interrupteur va le plus souvent permettre de déterminer le champ sonore qui sera capté par le micro.

Les trois directivités les plus courantes sont :
- Omnidirectionnelle : la prise de son se fera d’une manière presque homogène, à 360°.
- Bidirectionnelle : l’enregistrement se fera de face et dos au micro.
- Cardioïde : l’enregistrement se fera de manière frontale, en atténuant le son venant de derrière et des côtés.

On privilégiera l’enregistrement omnidirectionnel pour enregistrer une classe entière, a capella ou accompagnée. Pour un plus petit groupe d’élèves (disposés sur un angle ne dépassant pas 45° face au micro), l’enregistrement cardioïde sera en revanche plus approprié tandis que la directivité bidirectionnelle conviendra à l’enregistrement de duos.

Dans le cadre d’un enregistrement stéréo, une bonne méthode pour placer les micros (en directivité cardioïde) est de les séparer d’environ 20 cm, pour un angle d’environ 110°. Ainsi, on reproduit le plus fidèlement possible les conditions d’écoute de l’oreille humaine et l’enregistrement sonnera « naturel ».

QUID DES SOLUTIONS « TOUT EN UN », Zoom H2 ou H4, Minidiscs etc ?

Il existe sur le marché de nombreux appareils permettant d’enregistrer une classe avec une très bonne qualité sonore, et cette alternative présente des avantages mais offre souvent moins de latitude.

Avant tout, la somme à débourser est modique au vu de la qualité obtenue (moins de 350 € pour le Zoom H4N), et leur mise en place est extrêmement simple et efficace.
Ces enregistreurs peuvent également être alimentés par piles, ce qui les rend particulièrement autonomes et permet de faire des prises de son « tout-terrain ».

Néanmoins et dans la mesure où les salles de musique tendent à s’équiper chaque jour davantage en matériel informatique, l’achat d’une carte son dédiée, d’un ordinateur et de logiciels musicaux adaptés semble être de plus en plus indispensable.
Partant sur cette base, l’achat de micros séparés permet une plus grande souplesse d’utilisation dans la mesure où ceux-ci viendront compléter une installation homogène.

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